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Cohabitation moutons/chèvres : alimentation et gestion au pâturage

Faire cohabiter des moutons et des chèvres est une pratique courante dans les élevages mixtes, au sein de petites fermes ou chez les particuliers passionnés d’animaux de ferme. Ces deux espèces présentent de nombreux points communs. Ce sont de petits ruminants herbivores, sociaux, qui apprécient la vie en troupeau. Toutefois, leurs besoins restent différents, en particulier en ce qui concerne l’alimentation.

 

La cohabitation moutons/chèvres est tout à fait possible à condition de bien comprendre leurs différences. Le principal défi pour l’éleveur est la gestion de l’alimentation minérale et plus particulièrement dans l’apport en cuivre. Ce minéral, indispensable aux chèvres, peut s’avérer toxique, voire mortel pour les moutons si les rations ne sont pas soigneusement adaptées.

 

Cet article a pour objectif de vous guider pour réussir la cohabitation entre moutons et chèvres : aménagement de l’espace, comportement, gestion des repas. Nous aborderons également des solutions simples pour faciliter l’alimentation quotidienne des deux espèces, notamment grâce à des mélanges adaptés à leurs besoins spécifiques, comme le Mélange Fibré Mouton/Chèvre.

 

Peut-on faire cohabiter moutons et chèvres ?

Avant d’aborder le sujet de l’alimentation, parlons de la compatibilité naturelle entre ces deux espèces mais à condition de suivre quelques précautions.

 

Des comportements différents, mais complémentaires

 

Les moutons et chèvres sont tous deux des petits ruminants grégaires, ce qui facilite leur coexistence. Les moutons sont des animaux calmes et suiveurs, qui recherchent la sécurité du groupe. Les chèvres, quant à elles, sont plus curieuses, indépendantes et exploratrices. Cette différence de tempérament peut générer quelques frictions, notamment lors des repas, mais est généralement bien gérée par les animaux eux-mêmes.

 

Est-il sans danger de garder des chèvres et des moutons ensemble ? Oui, dans la grande majorité des cas. Les deux espèces se tolèrent bien et peuvent même développer des liens sociaux. Il convient simplement de surveiller les rapports de dominance lors de l’introduction de nouveaux animaux et de s’assurer que chaque individu accède bien à la nourriture et à l’eau.

 

L’espace et les aménagements nécessaires pour un troupeau mixte

 

Quel espace prévoir pour un troupeau mixte ? Les deux espèces ont besoin d’espace pour se déplacer, se reposer et s’alimenter sans se bousculer.

 

Voici quelques points clés :

 

• Prévoyez au moins 1,5 à 2 m² par animal à l’intérieur et un parcours extérieur suffisamment grand.

•Curieuses et actives, les chèvres aiment grimper : proposez-leur des plateformes ou des reliefs.

•Plus craintifs, les moutons apprécient des zones abritées et tranquilles.

 

Un abri commun est possible, tant que la surface est suffisante et que la ventilation est bonne. Évitez les surpopulations qui favorisent le stress et la transmission de maladies parasitaires, auxquelles les deux espèces sont sensibles.

 

La question de la reproduction en troupeau mixte

 

Une question fréquente : un mouton peut-il saillir une chèvre ?

 

Bien que des tentatives de monte inter-espèces puissent être observées, les croisements entre moutons et chèvres sont extrêmement rares et presque toujours stériles. En revanche, si vous souhaitez maîtriser la reproduction de votre troupeau, il est conseillé de séparer les mâles entiers en période de reproduction.

 

 

Alimentation : quelles différences entre moutons et chèvres ?

Si la cohabitation entre moutons et chèvres est relativement simple à gérer, l’alimentation reste un point plus délicat. Moutons et chèvres ont des besoins nutritionnels distincts et les confondre peut avoir de graves conséquences sur leur santé.

 

Les besoins alimentaires des moutons

 

Le mouton est un herbivore robuste, adapté à des pâturages parfois pauvres. Sa ration de base se compose essentiellement de foin de qualité, d’herbe et de fourrages fibreux. Les céréales et concentrés sont réservés aux périodes de besoins accrus (gestation, lactation, croissance des agneaux). Il est globalement peu exigeant en termes d’alimentation par rapport à la chèvre.

 

Parmi les aliments à surveiller : certains aliments minéraux riches en cuivre formulés pour d’autres espèces peuvent lui être fatals. C’est le point le plus critique de l’élevage mixte, que nous détaillons dans la section dédiée au cuivre.

 

Les besoins alimentaires des chèvres

 

La chèvre est un animal bien plus gourmand et sélectif. Elle préfère les feuilles, les rameaux, les herbes aromatiques et les fourrages variés plutôt que l’herbe rase. Elle a des besoins énergétiques et protéiques plus élevés, surtout en production laitière.

 

Quel est l’aliment préféré des chèvres ? Les chèvres raffolent des feuilles d’arbres, des herbes aromatiques, du foin de qualité et apprécient les concentrés énergétiques en période de lactation. Elles sont également très demandeuses en minéraux et oligoéléments, dont le cuivre, indispensable à leur métabolisme.

 

Quel aliment ne pas donner aux chèvres ? Certains aliments sont à proscrire : plantes toxiques (laurier-rose, rhododendron…), aliments moisis ou encore les aliments minéraux formulés uniquement pour les ovins.

 

 

Une base alimentaire commune : le Mélange Fibré mouton/chèvre

Mélange Mouton/Chèvre

 

Bonne nouvelle pour les éleveurs de troupeaux mixtes, il existe des aliments formulés pour les moutons et les chèvres. C’est précisément l’objectif de notre Mélange Fibré Mouton/Chèvre, un aliment multi-composé qui simplifie la gestion de la ration de base pour vos ovins et caprins.

 

Ce mélange fibré constitue une excellente base alimentaire commune pour les deux espèces en période d’entretien. Riche en fibres longues de luzerne, il stimule la rumination et soutient la santé digestive, une priorité chez tous les ruminants. Sa composition en céréales et graines le rend très appétent, même pour des animaux difficiles.

 

Attention : ce mélange fibré couvre les besoins de production spécifiques des espèces. Il doit être complété, selon les espèces, par des minéraux et oligoéléments adaptés.

 

Le cuivre : l’oligoélément clé à surveiller

Le cuivre est sans doute l’élément nutritionnel le plus souvent évoqué lorsqu’on parle de cohabitation moutons/chèvres.

Et pour cause : la différence de sensibilité au cuivre entre les deux espèces est radicale et les conséquences d’une erreur peuvent être irréversibles.

 

Pourquoi le cuivre est-il dangereux pour les moutons ?

 

Le cuivre est un oligo-élément essentiel à la réalisation de multiples fonction vitales, cependant, un apport trop important chez le mouton peut mener à un stockage excessif puis à l’apparition d’une intoxication chronique dont l’issue est le plus souvent fatale.

 

Quels sont les symptômes d’un empoisonnement au cuivre chez un mouton ?

 

Les signes d’une intoxication au cuivre chez l’ovin sont : la prostration, la jaunisse, des urines de couleur brun-rouge ou noires, la pâleur des muqueuses, la faiblesse soudaine. L’animal peut mourir en 24 à 48 heures sans traitement vétérinaire d’urgence.

 

Quel est le seuil de toxicité du cuivre chez les ovins ?

 

Les besoins en cuivre des moutons sont faibles et la marge entre carence et toxicité est très étroite. Le seuil de toxicité est fixé à 15 mg/kg de matière sèche, alors qu’un aliment minéral conçu pour les bovins ou les caprins peut en contenir le double, voire plus. Donner ce type de complément à vos moutons, même en petite quantité et de façon régulière, peut suffire à les intoxiquer.

 

Que faire si des moutons ingèrent du cuivre en excès ?

 

En cas d’ingestion de cuivre en excès chez vos moutons, consultez immédiatement un vétérinaire. Des traitements peuvent être administrés dans certains cas. La prévention reste cependant la seule vraie protection.

 

Les chèvres et le cuivre : un besoin physiologique normal

 

À l’inverse des moutons, les chèvres ont un besoin normal en cuivre, estimé entre 10 et 15 mg/kg de MS par jour. Si elles reçoivent un aliment minéral formulé pour ovins, donc pauvre en cuivre, elles développeront rapidement une carence. Les symptômes sont : lèchement excessif, poils ternes, anémie, dépigmentation autour des yeux et du museau, et chez les jeunes, des troubles neurologiques. À noter que les chèvres absorbent le cuivre deux fois moins efficacement que les moutons, ce qui explique leurs besoins plus élevés et leur moindre risque d’intoxication par rapport aux ovins, dont le foie accumule le cuivre de façon silencieuse jusqu’à des niveaux dangereux.

 

Les solutions pratiques pour gérer les minéraux dans un troupeau mixte

 

Pour la ration de base, moutons et chèvres peuvent partager sans problème le même foin, les mêmes pâturages et un aliment fibré adapté aux deux espèces comme notre Mélange Fibré Mouton/Chèvre, formulé sans cuivre ajouté.

 

C’est sur les compléments minéraux que la vigilance s’impose :

 

• Pour les moutons : choisissez un aliment minéral spécifique ovins, pauvre en cuivre. N’utilisez jamais de pierres à lécher, de blocs minéraux ou de granulés formulés pour bovins ou caprins. Leur forte teneur en cuivre provoque une intoxication silencieuse, souvent fatale avant même l’apparition des premiers symptômes.

 

• Pour les chèvres : optez pour un aliment minéral spécifique caprins, suffisamment dosé en cuivre pour répondre à leurs besoins physiologiques. Un complément trop pauvre en cuivre, comme ceux formulés pour ovins, entraînerait rapidement des carences : poils ternes, anémie, baisse de production laitière, voire troubles neurologiques chez les jeunes.

 

CONCLUSION

La cohabitation entre moutons et chèvres est tout à fait réalisable. Ces deux espèces peuvent partager un même espace de vie, pâturer ensemble et s’apporter mutuellement une compagnie appréciable. Mais cette cohabitation réussie passe impérativement par une gestion rigoureuse de l’alimentation et en particulier de l’apport en cuivre.

 

Pour simplifier votre quotidien, notre Mélange Fibré Mouton/Chèvre vous offre une base alimentaire commune fibreuse et appétente, adaptée aux deux espèces pour couvrir leurs besoins d’entretien. Complétez avec des minéraux spécifiques à chaque espèce et votre troupeau mixte sera en pleine santé toute l’année.

 

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